Le Kilimandjaro, ses montagnes, sa faune, sa flore...

Publié le par Didier

Le Kilimandjaro recèle bien des merveilles dans ses montagnes, avec les grands baobabs dans les plaines, les végétaux uniques dans les hautes altitudes, et bien sûr avec la grande diversité d'animaux qui y habitent.

 

Le climat du Kilimandjaro est directement influencé par l’altitude à laquelle on se trouve. Ainsi, différentes zones peuvent être délimitées, principalement en 3 grandes zones que sont les plaines, l'étage montagnard avec plusieurs types de forêts et l'étage alpin. A chacune de ces zones correspondent une faune et une flore bien spécifiques.

 

Baobab Africain (Adansonia digitata)Situées entre 800 et 1 600 mètres d'altitude, les plaines entourant le Kilimandjaro, aussi appelées lowlands, offrent un climat très chaud et sec. C'est un milieu ouvert où le feu, souvent déclenché et maîtrisé par les pasteurs Masaï, joue un rôle primordial. La végétation est principalement composée de savanes, constituées de nombreuses espèces d'herbacées, de plantes à fleurs, du baobab africain, d'arbustes et d'épineux.

 

SitatungaLes populations locales utilisent ces arbres et arbustes à des fins domestiques (alimentaires, médicinal, chauffage, fourrage, confection de clôtures...) ou artisanales (fabrication d'œuvres d'art). Les parcelles défrichées sont largement transformées en champs à culture pluviale : maraîchage et cultures céréalières (pois d'Angole, haricot, tournesol, éleusine, maïs...), bananiers, caféiers, avocatiers et eucalyptus.

 

La végétation des plaines abrite de nombreux oiseaux (cossyphe de Heuglin, coliou rayé, souimanga bronzé...), et des mammifères tels que l'oryctérope du Cap, le dik-dik de Kirk, l'antilope sitatunga, le galago à queue touffue, le daman des arbres ou encore la genette.

 

La zone montagnarde, située entre 1 600 et 2 700 mètres d'altitude, renferme différents types de forêts, toutes différentes les unes des autres : la forêt sèche, la forêt pluviale, la forêt de brouillard et la forêt de nuage. Cette forêt tropicale abrite les espèces de primates du cercopithèque à diadème, des guérezas d'Angola et du Kilimandjaro, ainsi que du babouin olive.

 

Guérezas du Kilimandjaro  Léopard  Potamochoerus porcus

 

Parmi les autres mammifères, le léopard, la mangouste rayée, le serval, le potamochoerus porcus, le ratel, ainsi que le porc-épic à crête sont difficiles à observer bien qu'ils s'aventurent fréquemment dans la savane.

 

Touraco de HartlaubLe calao à joues argent, le touraco de Hartlaub, le touraco de Schalow, le touraco violet, le tchitrec bleu, le tchitrec d'Afrique, le coliou rayé et le cossyphe de Rüppell sont des espèces d'oiseaux bien adaptées à la vie dans l'épaisse canopée.

 

Ces forêts sont fragilisés par l'activité humaine (déboisement au niveau de la limite inférieure, incendies volontaires sur la limite supérieure) et la ceinture qu'ils constituent est de taille très inégale, et très réduite au Nord et à l'Ouest. Le morcèlement de la forêt est responsable d'une extinction sensible des espèces de grands mammifères.

 

La forêt sèche est la première de ces zones. Elle est rendue fragile par ses longues phases de repos végétatif et n'existe en réalité plus qu'à l'état de vestige. Elle a été presque intégralement remplacée par des cultures de piémont irriguées. Les espèces végétales qui la composaient sont terminalia brownii, stereospermum kunthianum et du genre combretum.

 

La forêt pluviale est présente au Sud et à l'Est du volcan. Tolérante à des périodes plus sèches, elle reçoit en moyenne 2 300 millimètres de précipitations par an. Sa flore varie en fonction des quantités d'eau reçues et de l'altitude. On y trouve aussi bien différentes sortes d'oliviers que des plantes de la famille des Crotons ou des Impatientes.

 

Forêt pluviale

 

Cette forêt subit une forte pression démographique, en particulier au Sud où nombre de plantations ont été intégrées au sein des espèces sauvages. Certaines parcelles sont exploitées pour la sylviculture et des essences introduites comme le cyprès du Portugal. La forêt de Njoro, au Sud de Moshi, est une forêt sacrée depuis plusieurs siècles et bénéficie de surcroît d'un statut de protection. Ce sont sans doute les raisons pour lesquelles elle est la dernière forêt pluviale à subsister en plaine, même si elle subit un lent recul.

 

Cette progression de la limite agro-forestière supérieure est stabilisée par le classement en réserve de la forêt et par la prise de conscience des cultivateurs locaux du problème de pénuries d'eau et d'acidification des sols. Ces deux facteurs sont parfois responsables de la remontée parallèle de la limite inférieure des plantations qui sont remplacées par la savane. La situation n'est pas uniforme : des plans de recolonisation favorisés par la bonne connaissance bioclimatique des Wachagga permettent de trouver des équilibres biologiques avec des espèces arborées.

 

Chute d'eau dans la forêt de brouillardLa forêt de brouillard est quand à elle caractérisée par la présence de l'espèce podocarpus milanjianus et de nombreux épiphytes comprenant mousses et ptéridophytes, recouvrant environ 80% des arbres. Cette forêt est présente sur le versant méridional entre 2 300 et 2 500 mètres d'altitude.

 

L'eau est apportée presque uniquement par une circulation de l'humidité générée par l'évapotranspiration de la forêt pluviale, qui créé de fréquents brouillards. La saison sèche y est très courte mais le captage de l'eau en suspension quasi nul.

 

Rivière Naremoru dans la forêt de nuageDans la forêt de nuage, on y trouve parmi les principaux végétaux la bruyère arborescente et quelques mousses et lichens. Cette forêt est présente dans les escarpements à l'Ouest, au Nord et au Nord-Est, typiquement entre 2 500 et 2 700 mètres d'altitude.

 

Contrairement à la forêt de brouillard, elle connaît une longue saison sèche et l'humidité n'y circule pas par convection mais par des précipitations néphéléniques apportées par de forts vents d'Est sous forme de stratus qui peuvent constituer 60% de l'apport en eau pour les plantes. Une bonne structuration horizontale et verticale de la forêt est donc nécessaire pour lui permettre de bien filtrer les particules d'eau en suspension.

 

Bruyères sur le ShiraL'étage alpin est composé de landes, maquis et de l'étage afro-alpin. Les landes et maquis se trouvent entre 2 800 et 4 000 mètres d'altitude et reçoivent entre 500 et 1 300 millimètres de précipitations par an. Ils présentent une végétation composée de bruyères dont la forme arborescente d'erica arborea est la plus caractéristique aux côtés de l'erica excelsa.

 

Aigle huppardPlusieurs espèces d'oiseaux de la famille des nectariniidés aux couleurs vives peuplent la limite supérieure de la forêt. Parmi eux, on peut citer par exemple le souimanga du Kilimandjaro, le souimanga olivâtre, ou encore le souimanga à gorge verte.


A cette altitude, on peut aussi trouver l'aigle huppard. Les petits rongeurs tels que l'habdomys pumilio, le lophuromys, le dendromus melanotis et le rat-taupe nu constituent d'ailleurs ses proies favorites.

 

Par ailleurs, des buffles, des lions, des léopards, des éléphants, des élands, des céphalophes et des hyènes transitent parfois à cette altitude pour relier un point à un autre de la plaine.

 

L'étage afro-alpin trouve ses limites inférieures et supérieures généralement entre 4 000 et 5 000 mètres d'altitude. Il se caractérise par une atmosphère sèche, avec en moyenne 200 millimètres de précipitations reçus par an, et d'importants écarts de températures. Les espèces qui y vivent sont parfaitement adaptées au climat rude et certaines sont endémiques. Ainsi, on trouve la lobelia deckenii, la seule espèce alpine de Lobelia à vivre sur le Kilimandjaro. Le séneçon géant pousse principalement dans le Barranco, plus humide et abrité que le reste de la montagne à altitude égale.

 

Séneçons géants dans le Barranco  L'étage afro-alpin  Lobelia deckenii vers 4 000 mètres d'altitude

 

Seules quelques espèces de rapaces sont capables d'aller à cette altitude : la buse rounoir, l'aigle des steppes, l'élanion blanc, le gypaète barbu et l'aigle couronné. Deux espèces de passereaux y vivent également, le traquet afroalpin et le bruant cannelle.

 

Au-dessus de 5 000 mètres d'altitude se trouve l'étage nival. Presque rien ne vit. Le peu de précipitations qui tombent s'infiltrent quasiment immédiatement dans le sol ou s'accumulent sur les glaciers. Toutefois, des sous-arbrisseaux ont été trouvés près d'une fumerolle du cratère Reusch. Des lichens à croissance très lente comme xanthoria elegans peuvent également vivre plusieurs centaines d'années au sommet. Le seul animal découvert à ce jour au Kibo est une espèce d'araignée.

 

Le Kilimandjaro est une véritable merveille qu'il faut absolument découvrir. Malheureusement, ce sanctuaire de la nature se détériore de plus en plus sous l'action des hommes, sans que des mesures de protection réelle ne soient prises. Si rien n'est fait rapidement, le Kilimandjaro aura tout perdu dans quelques années : sa calotte glaciaire, mais aussi ses forêts et ses animaux...

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Marie-Pier 21/08/2010 17:52



J'espère que tu nous ramèneras de belles photos!!!



boom 25/02/2016 03:10

bbbbbbbb

Didier 21/08/2010 17:55



oh bah voui alors, compte sur moi